• 5 mars 2017

15 semaines de préparation touchent à leur fin avec un paquet de kilomètres au compteur. 31km sont à parcourir avec quelques 1000m de dénivelé positif. Il fait très froid ce matin et il pleut averse.Le terrain de jeu s'annonce très gras. Tout est donc réuni pour passer une très bonne journée. Après un rapide échauffement, il est temps de se mettre sur la ligne de départ.

KM 0 : Le signal est donné et on se croirait à un départ de cross : 300m de ligne droite dans un champ de patates avec un virage en épingle au bout. Je pars prudemment, restant sur les talons d'un certain Nicolas Duhail. KM 1 : Nous nous faufilons dans les bois évitant pierres, racines et même des troncs couchées à travers le chemin ; la pluie continuant de nous arroser. KM 3 : Je gère les premières côtes, m'aidant de mes bâtons afin de limiter l'effort à fournir; mais les sensations ne sont pas extraordinaires. Je gère donc mes efforts. KM 5 : Une légère portion goudronnée nous permet de rejoindre la prochaine difficulté. Un joli pétard qui en annonce d'autres. La balade en forêt continue avec succession de montées et descentes. Les single si agréables à emprunter les années passées se sont transformés en boulevards creusés par l'ONF (la forêt de demain il paraît).

KM 8 : Grande descente peu technique pour rejoindre un pont de pierre, repère incontournable de la course. Alors que je tente d'anticiper la côte à venir en attachant mes bâtons, je butte dans un dos d'âne en terre et m'offre un joli saut périlleux avant réception debout ; heureusement sans conséquence. Je continue ma route et grimpe ce mur que l'on pratique régulièrement à l'entrainement. Le sol est meuble et l'acroche difficile, je croise Jean-Luc à qui je confie ma ceinture de course ; je n'ai donc plus d'eau ni de nourriture (quelle drôle d'idée j'ai eue là). La relance au sommet est compliquée et les sensations reviennent au fur et à mesure malgré les difficultés qui s'enchaînent encore et toujours. La pluie redouble. KM 10 : Enfin un peu de plat, j'essaye de me refaire la cerise durant ces mille mètres. Les quatre kilomètres suivants sont également très plaisants enchaînant des petites bosses et descentes toujours dans les bois. KM 15 : Passage très difficle avec enchaînement de descente technique et côte casse-pattes. Passage le long des étangs et l'abbatiale de Cernay. Fatigué, je ne parviens pas à faire surface aujourd'hui et Je subis vraiment plus qu'autre chose. Toutes ces dificultés semblent se répéter sans fin. 

auffargis

KM 21 : Second passage au petit pont de pierre où je jette à présent mes bâtons pensant pouvoir résister à la fatigue qui déjà s'est bien installée (l'acide lactique peut tellement vous faire faire n'importe quoi). Long chemin de terre pour rejoindre un autre partie de la forêt. KM 23 : Nouvelle côte, je sens les cuisses durcir quand l'ami Guillaume me dépasse à bonne allure. Je ne cherche pas (et ne peux pas non plus) à le suivre et continue ma route voulant seulement en finir. KM 24 : Encore une difficulté mais cette fois je tombe en panne sèche; restant littéralement bloqué, comme figé, incapable de faire un pas de plus. Un concurrent revient finalement à ma hauteur et me dépanne d'un gel au caramel. Je repars péniblement et d'un pas non-assuré. KM 25 : Benji et Eric arrivent à mon niveau et me voyant dans cet état d'hypo avancé, le coach décide de rester avec moi. Je tombe à plusieurs reprise sur des portions plates (ou en léger dévers) et doit m'appuyer sur les bâtons (de Benji puisque j'ai balancé les miens) pour réussir à grimper les quelques côtes restantes. Benji mène une allure qui me paraît intense (et ne l'est probablement pas) mais qui a le mérite de me faire avancer vers l'arrivée dans ces chemins bien boueux. KM 27 : Dernière difficulté du jour, le coach doit me pousser au cul pour me faire avancer et me pousse encore et encore pour nous faire regagner l'arrivée.

KM 30 : Dernière ligne droite, je suis content d'en finir mais aussi terriblement frustré du résultat. Longtemps au pied du podium, je franchis finalement la ligne d'arrivée en 20e place en 2h47. Un gros investissement dans la préparation pour sauter au 24ème. Les médisants diront que je n'avais qu'à pas jeter ma ceinture...^^. Certes et on ne m'y reprendra pas de sitôt. 

Je remercie quand même Benji pour son soutien aujurd'hui et qui n'a pas hésité à tuer sa fin de course pour rester à mon chevet. Rendez-vous dans un mois pour le trail de Jouy en Josas.